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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 17:44

Nous proposons ici une série de 3 articles consacrés aux orgues de cinéma. 

Merci à JP Daue pour la rédaction des textes.

 

Partie 2 Le développement aux USA

 

En 1903, suite à un scandale dans son pays, Hopes-Jones émigre aux Etats-Unis et travaille durant quatre années dans la firme E.M. Skinner & Co à Boston.

Il fonde ensuite la « Hopes-Jones Organ Co », et fait venir 50 ouvriers d'Angleterre pour réaliser son  idée,  le « Unit Organ », c.à.d. un instrument basé sur l'orgue à

tuyaux mais de style tout à fait nouveau, et ce, dans le but de remplacer les véritables orchestres et les pianos, qui accompagnaient les films muets.

 

En 1908, il revend ses brevets en s'associant à Rudolph Wurlitzer fabricant de pianos mécaniques et d'instruments de musique. De cette association naît le « Mighty Wurlitzer & Hopes–Jones Theater Organ », qui devient très rapidement populaire. Pour des raisons commerciales, cet instrument sera rebaptisé le « Mighty Wurlitzer », et mis en vente aux USA et en Australie. Ainsi naît l'orgue de cinéma nommé dans les pays anglo-saxons « Theater Organ ».

 

 

 

(http://www.latos.org/venues/ElCap.html)Le Mighty Wurlitzer du cinema EL CAPITAN à Los Angeles

 

Les modifications constantes imposées par Hopes-Jones vont provoquer des tensions avec Wurlitzer qui licenciera l'associé lequel finira par se suicider le 13 septembre 1914 à Rochester (USA).

 

Ce nouvel instrument inventé par Robert Hopes-Jones porte aussi le nom de « Unit Orchestra » en référence à la large palette de tonalités orchestrales et de sonorités imitant une large gamme d'instruments de musique (saxophone, violon,...). La caractéristique de l'instrument est également d'imposer une stupéfiante théâtralité du fait que l'on peut varier la pulsation de l'air de manière à créer des trémolos, avec, en plus, une pression supérieure à celle de l'orgue d'église, d'où un jeu plus rapide au clavier. Cette puissance et cette capacité à s'adapter aux rythmes  très rapides des œuvres musicales de l'époque telles que la musique de danse et le jazz vont en faire l'instrument privilégiés des salles de spectacles et des cinémas. D'autant plus qu'on y adjoindra des percussions atonales (cymbales, grosse caisse, xylophone, castagnettes...) mais aussi un  piano commandé électriquement.

Une autre caractéristique de cet instrument est l'utilisation de touches à double enfoncement. La première moitié de l'enfoncement permet de jouer un plan sonore tandis que la seconde partie permet de choisir un autre son.

A cela s'ajoute un « comptoir à jouets » permettant d'obtenir les divers bruits jusque là produits par des bruiteurs en coulisse (sifflets de train, galop de chevaux, sonnerie, corne d'automobile, ...).

 

Grâce au succès populaire de l'appareil, d'autres facteurs d'orgues vont apparaître sur le marché ( Allen, Kimball aux USA, Christie et Compton, en GB...). L'idée générale sera au début d'associer l'orgue de cinéma à l'orchestre en plaçant la console dans la fosse d'orchestre. Les tuyaux, eux, seront dissimulés aux yeux des spectateurs en les enfermant dans des chambres latérales autour de l'écran, ou au dessus de celui-ci, ouvertes sur la salle par des jalousies commandées à la console (chambres expressives), ce qui contraste avec les buffets des orgues d’églises.

En outre la console est réalisée en fer à cheval afin que les commandes soient toutes accessibles aisément par le  musicien. Un pédalier pour les basses et des poussoirs pour les bruitages sont commandés aux pieds. Et pour bien la différencier de l'orgue d'église, cette console, à ses débuts,  sera très bariolée, très colorée, avec, parfois, des éclairages internes bigarrés. Ultérieurement l'orgue de cinéma qui complète l'animation des films muets va progressivement remplacer tout l'orchestre. Cela coûte moins cher d'acheter un orgue que de payer un grand nombre de musiciens.

 

Cette renommée, cet engouement pour l'orgue de cinéma vont amener une série de musiciens à se spécialiser pour cet instrument, tant en Europe qu'en Amérique et en Australie. Aux États-Unis, les grandes salles, sont nommées « Cathédrales

du cinéma » en référence à la présence d'un orgue. Les comédies musicales de l'époque sont interprétées sur cet instrument et souvent fredonnées en chœur par un public ravi.

Fréquemment en attraction, avant le film ou à l'entracte, un récital est offert au public et pour renforcer le côté spectaculaire, la console est montée sur un plateau élévateur. L'orgue sort ainsi comme par magie de la fosse d'orchestre.

 

 

(http://members.tripod.com/~g_cowardin/organ/organ.htm)The Byrd’s Mighty Wurlitzer  

 

 

Mais petit à petit le public américain va se lasser tandis que le parlant arrive fin des années 1920. Le changement d'usage de ces salles et la nécessité d'entretenir l'instrument vont expliquer la disparition progressive de l'orgue. Des 7.000 pièces existantes entre 1915 et 1933 il ne reste aujourd'hui qu'une quarantaine dans leurs salles d'origine. Nombreux seront alors les musiciens mis au chômage, et les orgues disparaissent.

 

 

 

 article rédigé par les soins de JEAN-PIERRE DAUE


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